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MCKAY 100 ANS APRÈS : LE BLOG

Les mots de notre marraine Christiane Taubira

« Claude McKay est un personnage très singulier. Il est souvent plus intéressant encore et plus attachant que ses personnages pseudo-fictifs. Ses textes autobiographiques sont au moins aussi passionnants que ses romans. Aussi incisifs que sa poésie. Il est tranquillement libre. Penser qu’il y a un siècle, cet homme, surmontant les préjugés, les obstacles, les aliénations, et alors que voyager d’un pays à l’autre est encore une aventure, que cet homme, né à la Jamaïque, enraciné aux Etats-Unis et affilié au parti communiste, a débarqué à Marseille et plongé dans la vie souterraine et nocturne, a fait le journaliste à Londres, traîné dans les grandes villes marocaines, donné des conférences à Moscou, ferraillé avec ses compatriotes à New York, est revenu à Marseille, reparti à Harlem et, libre-penseur s’est converti au catholicisme, tout en revendiquant ses engagements politiques, cet homme a écrit sur cette Marseille-là comme personne.


Claude McKay nous éclaire aujourd’hui en ce que ses personnages, les situations et les dynamiques qu’il décrit, sont évocatrices des inégalités telles qu’elles sont à l’œuvre au quotidien. Ses essais, y compris son autobiographie, fournissent des analyses qui montrent sa fidélité à ses engagements, et ses romans, avec ou sans intrigue, rendent charnels ses partis-pris : il ne s’accommode pas du monde tel qu’il est. Il décrit les mécanismes d’oppression et d’exclusion non tels qu’ils fonctionnent mais tels qu’ils agissent sur la vie des gens. Après les 30 glorieuses, le monde est redevenu d’une violence obscène, et des situations décrites et dénoncées par McKay sont à nouveau sous nos yeux, au cœur des villes, pas seulement dans les enclaves misérables.


J’ai embarqué dans l’aventure de ce centenaire après avoir visionné le documentaire de Matthieu Verdeil, que j’ai trouvé à la fois consistant, rigoureux et esthétiquement très réussi, artistiquement servi par la voix de Lamine Diagne. Quant au programme, aussi bien avec l’ambassade des Etats-Unis qu’avec quelques-unes de nos grandes institutions culturelles, il permet de partager généreusement non seulement la prodigieuse littérature de McKay, non seulement les enseignements de sa fidélité à ses convictions, mais aussi tout l’univers des quais du monde, des musiques de résistance et de joie, des fraternités improbables, des solidarités coriaces.


Je suis ravie de ces initiatives pour diffuser, en qualité, la pensée, l’écriture, et l’action de Claude McKay. Je prédis que ces années McKay 100 ans après seront passionnantes. »








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